Critique du livre: Jean-Paul Marat, Marat dit l’ami du Peuple; Collection Complète du Journal, tome II

Jean-Paul Marat, Marat dit L’Ami du Peuple; Collection Complète du Journal, tome II. (Tokyo: Société pour la reproduction des livres rares, 1967), 308 pp.

Marat dit L’Ami du Peuple; Collection Complète du Journal, tome II, fait partie d’une collection complète du journal écrit et produit par Jean-Paul Marat pendant la Révolution française. Réimpression de l’original des documents, ce volume couvre la période du 18 novembre 1789 au 17 janvier 1790.

Marat commence généralement son journal avec un rapport sur les activités de l’Assemblée nationale.  Ces nouvelles contiennent des informations sur les débats et décrets, et sont écrites d’une manière générale, sans passion.  Ce qui suit sont les «Observations de l’auteur» ou «Réflexions», et celles-ci pourraient être comparées à la section éditorale des journaux d’aujourd’hui, bien que l’auteur peut être un peu plus pointu que les éditorialistes d’aujourd’hui.  Parfois, si l’auteur estime que la cause pour l’alarme est indiquée, il y sera alors inclus une «Adresse aux Citoyens» dans lequel il joue le rôle d’un pamphlétaire à tenter de pousser les gens à l’action.  Des lettres à l’éditeur sont imprimées de temps à autre, ainsi que les notifications aux abonnés sur leurs abonnements.  Les meurtres à caractère politique et les insurrections sont signalés, comme ils se produisent.

Dans ce tome particulier, couvrant une période au début de la Révolution, un thème récurrant dans le journal de Marat est une méfiance inhérente du gouvernement dans toutes ses formes. («J’ai dit quelque part que le gouvernement est l’ennemi mortel, l’éternel ennemi du peuple, et, malheureusement, cette affirmation n’est que trop vraie» (p. 169).  L’auteur a été certainement un croyant dans le vieil adage selon lequel «le pouvoir corrompt». Bien qu’il s’attaque à la majorité des députés à l’Assemblée nationale pour être trop naïve et facilement dirigé par le ministre des Finances, Jacques Necker, et l’élément aristocratique rusé, il accuse beaucoup d’autres d’être trop avide de pouvoir et désireux d’exercer le despotisme et le retour des personnes dans les chaînes de l’esclavage.  Ses attaques les plus pointues sont contre le maire de Paris, Jean-Sylvain Bailly, à qui il dit, «Vous étiez humain aussi longtemps que vous étiez de la populace, vous êtes devenu insensible depuis que vous avez accédé aux honneurs!  La prospérité durcit, par conséquent, le cœur des philosophes comme celle des gens du commun!  Vous insultez nos malheurs.  Tirés dans un char brillant, vous nous couvrez de boue dans les rues, vous buvez notre sang dans des coupes d’or, vous forgez des chaînes pour nous attacher dans votre palais et vous écrasez l’humanité sous vos pieds»(p. 121).  Egalement aigues sont ses dénonciations des membres du gouvernement municipal de Paris (qu’il appelle «les administrateurs inhumains … intrigants avides engorgées de butin public; parvenus, qui, de leurs masures humbles allaient en lambris dorés, qui enlèvent leurs chaussures sales à bord d’un port élégant, qui donnent des dîners, banquets, fêtes, et qui boivent le sang du peuple» (p. 220) et le tribunal de police, le Châtelet de Paris, («Où», il dit, «le mensonge, le parjure la ruse triomphent tour à tour, où l’avarice, la cupidité, la corruption et l’oppression règnent en même temps» (p. 254).  Il déplore l’apathie du peuple et leur demande instamment d’être continuellement sur leurs gardes contre la corruption et l’oppression.  À un moment donné, au désespoir, il dit, «Je le dis avec amertume, la liberté ne semble pas faite pour nous.  Des esclaves par notre ignorance, nos besoins et nos vices, notre vanité, notre luxe, notre avidité, notre ambition; nous appartenons à la première qui veut nous acheter, et nous prétendons bénéficier des avantages d’un gouvernement libre et juste; chose impossible» (p. 233).

À la lecture de Marat L’Ami du peuple, j’ai été frappé par l’impartialité de ce journaliste révolutionnaire.  Il délimite clairement quand il parle comme un journaliste impartial, quand il parle en tant que rédacteur, et quand il parle comme un agitateur révolutionnaire.  Et il assume parfaitement chaque rôle.  À la lecture de cet échantillonnage, certes peu du travail de Marat (et puisque ce volume couvre qu’une période au début de la Révolution, il est possible que le ton ait changé plus tard), on ne voit pas Marat le révolutionnaire  enragé, décrit si souvent.  Au lieu de cela, on voit quelqu’un qui semble être totalement sincère et attaché à ses croyances et ses idéaux, et est prêt à mourir pour eux.  (Une note curieuse:  Lors de l’examen des menaces contre sa vie et de voies de fait sur sa personne, l’auteur, en janvier 1790, semble prédire son martyre, qui a eu lieu en 1793:  «Pauvres gens! Vous tremblez aux dangers qui poursuivent votre défenseur; un millier d’épées affûtées sont à chaque instant suspendues au-dessus de sa tête, mais il ne vous abandonnera pas.  Soutenu par la pureté de son cœur, lorsque le moment fatal arrivera, il se rendra à l’exécution avec la joie d’un martyr» (p. 300).  Dans les journaux contenus dans le présent volume, Marat ne semble pas très différent des multitudes d’écrivains politiques modernes qui sont, on n’oserait dire, probablement dans presque tous les pays du monde d’aujourd’hui.

Dans Marat dit L’Ami du Peuple; Collection Complète du Journal, tome II, par Jean-Paul Marat, tiré à parti des documents originaux, on est capable de lire une collection de journaux publiés entre le 18 novembre 1789 et le 17 janvier 1790 par l’un des journalistes avant tout de la Révolution française.  Présentant sans passion et en toute impartialité des nouvelles des activités de l’Assemblée nationale, Marat continue, dans ses éditoriaux, d’éreinter la corruption des députés, le maire, le gouvernement municipal de Paris, et le ministre des Finances.  À inciter les gens à être constamment sur leurs gardes contre le gouvernement, l’auteur se proclame toujours lui-même défenseur et ami du peuple.

Copyright 1995 (version anglaise).

Tous droits réservés 2010 (traduction française).


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