Les massacres de septembre, partie quatre

Il faudra près de vingt ans de plus pour que quelqu’un ose enfin tenter lever le voile qui avait si longtemps recouvert la vérité de ces événements. André Guès montre que bien avant septembre 1792, le règne par la terreur a été adopté et célébré dans l’idéologie révolutionnaire par les dirigeants radicaux à tous les niveaux de la Révolution française.1 Il donne des exemples sur le plan provincial de la façon dont les troupes de la Garde nationale ont initié et participé à la terreur locale.2 Guès déplore l’emprise que la Sorbonne a sur l’histoire des massacres de septembre3 et commence à démolir leur thèse.4

Guès soutient que les Sorbonnistes ont démontré «un manque d’esprit critique déplorable chez un historien» en prenant pour argent comptant la parole de ceux au pouvoir.5 Il attaque leur argumentation sous plusieurs angles. D’abord, il montre l’erreur de leur insistance à dire que les massacres de septembre ont été le résultat d’un soulèvement populaire. Il est généralement admis par tous que le nombre de tueurs à gages, y compris les «juges» et «jurés», ne dépasse pas trois cents.6 Guès estime qu’il est difficile de croire que l’on pourrait attribuer au peuple de Paris, une ville d’environ huit cent mille habitants, les actions de pas plus de trois cents tueurs à gages.7 Ensuite, Gués démystifie leurs arguments selon lesquels les tueurs étaient des «patriotes» en montrant que, de ceux pour qui l’histoire connaît les noms, tous «demeurèrent dans Paris» plutôt que d’aller combattre aux frontières.8 Troisièmement, Guès soutient que la Garde nationale et les fédérés étaient à la disposition de l’Assemblée nationale, mais celle-ci n’a pas fait usage de ses prérogatives afin d’arrêter les sept jours de massacres.9 En outre, Guès «tire de Lefèbvre lui-même que les trois quarts des victimes de septembre furent non pas des détenus politiques, ‘aristocrates’ ou prêtres réfractaires, mais des [prisonniers] «droits communs» …. statistique qui n’empêche pas, Lefèbvre de croire que» c’était la peur d’un complot aristocratique qui a inspiré les massacres.10 Et enfin, Gues démontre que des massacres ont eu lieu «un peu partout en France, même dans les endroits où l’on ne pouvait pas penser l’invasion imminente».11

Notes:

1André Guès, «Le terrorisme avant la Terreur», Itinéraires 170 (1973): 19-20.

2Ibid., 29.

3Ibid., 21, 29. André Guès, «L’origine des massacres de Septembre», Ecrits Paris 366 (1977): 85.

4Guès, «L’origine des massacres de Septembre», 86-90.

5Ibid., 89.

6Guès estime le nombre à deux cents, Ibid., 87, 89; Gosselin dit cent cinquante; Louis Léon Théodore Gosselin, Les Massacres de Septembre (Paris: Perrin, 1907), 9; les sources contemporaines ne diffèrent pas beaucoup de ce qui précède: Ferrières a mis le nombre à «deux à trois cents», Charles Elie de Ferrières, Mémoires du marquis de Ferrières, 3 vols. (Paris: Baudouin frères, 1822), 3:225; Mercier a dit que «Le nombre des assassins n’excédait pas trois cents», Louis Sébastien Mercier, « Nouveau Tableau de Paris, » M. F. Barrière, ed., Mémoires sur les journées de septembre 1792 (Paris: Firmin-Didot, 1881), v.

7Guès, «L’origine des massacres de Septembre», 87.

8Ibid.

9Ibid., 88.

10Ibid.

11Ibid.

Traduit de l’anglais par Cali St. Just

Version anglaise Copyright 1999 Armand St. Just

Version française Copyright 2014 Armand St. Just et Cali St. Just

Tous droits réservés

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