Les massacres de septembre, partie neuf

Les responsables du coup d’état du 10 août ont rapidement pris des mesures pour consolider leur pouvoir.1 La Commune a fermé les portes de la ville et a ordonné qu’elles soient tenues par des gardes nationaux. Le gouvernement municipal a édicté des exigences strictes pour l’obtention d’un passeport, la possession de ce passeport qui était obligatoire pour sortir de la ville.2 Le gouvernement de la ville a fermé les journaux de l’opposition3 et a ouvert tout courriers privés.4 Les fonctionnaires municipaux, accompagnés par des hommes armés, ont fait des visites à domicile pour confisquer les armes, et des recherches pour arrêter tous ceux qui pourraient constituer une menace pour le nouveau système.5 Ils ont mis un couvre-feu à 22 heures.6

Afin de resserrer l’étau autour de la ville et procède des arrestations, la Commune de Paris a demandé l’aide des villes environnantes afin qu’ils puissent «former un second mur de clôture à Paris, dont l’objet sera d’arrêter toute personne suspecte qui pourrait tenter de s’échapper»; ils ont également ordonné «qu’il sera mis des pataches sur la rivière, afin de veiller les mauvais citoyens qui voudraient se soustraire aux recherches».7 Les dirigeants de la Commune de Paris ont rapidement rempli les prisons.8 La terreur était à l’ordre du jour9 et les habitants de Paris vivaient dans la peur, à la recherche de tout moyen d’évasion.10

Notes:

1«En vingt-quatre heures, Paris avait changé de face; on n’y rencontrait plus une voiture…personne n’osait plus être vu, être riche, être supérieur de personne. Les portes de la ville étaient fermées. Les sections, le bonnet rouge en tête, faisaient la nuit des visites domiciliaires, non pas là ou là, mais partout, pour découvrir un émigré, un défenseur du roi, un des Suisses échappés, car leur massacre continuait partout où ils étaient reconnus», François-Auguste de Frénilly, Souvenirs du baron de Frénilly, pair de France (Paris: Plon-Nourrit, 1909), 171; «les Républicains sont tellement forts et usent tellement des moyens les plus violents, qu’à en juger par la lâcheté qu’a toujours montrée la France, dans deux jours il n’y aura plus qu’un seul parti; toute la France prêtera serment aux Républicains», François Armand Frédéric de La Rochefoucauld, Souvenirs du 10 août et de l’armée de Bourbon (Paris: Calmann-Levy, 1929), 33-34.

2«Procès-verbaux», le 12 août 1792, M. F. Barrière, ed., Mémoires sur les journées de septembre 1792 (Paris: Firmin-Didot, 1881), 138; «Procès-verbaux», le 16 août 1792, Mémoires sur les journées, 144; «Procès-verbaux», le 17 août 1792, Mémoires sur les journées, 147; Times (Londres), le 23 août 1792 et le 29 août 1792; Vittorio Alfieri, Mémoires, traduit anonyme, traduit révisé E. R. Vincent (London: Oxford University Press, 1961), 274; Charles Elie de Ferrières, Mémoires du marquis de Ferrières, 3 vols. (Paris: Baudouin frères, 1822), 3:216.

3 Article daté à Paris, le 17 août 1792, Times (Londres), le 21 août 1792; Times (Londres), le 25 août 1792; article daté le 30 août 1792, Times (Londres), le 5 septembre 1792; «Procès-verbaux», le 12 août 1792, Mémoires sur les journées, 135.

4Article daté à Paris, le 11 août 1792, Maryland Gazette (Annapolis), le 18 octobre 1792; article daté le 23 août 1792, Times (Londres), le 28 août 1792.

5Anne Louise Germaine Staël-Holstein, Oeuvres complètes de Mme la Baronne de Staël, 17 vols. (Paris: Treuttel et Wurtz, 1820), 13:60-61; P.-A.-L. Maton de la Varenne, «Les crimes de Marat et des autres égorgeurs ou Ma Résurrection où l’on trouve non seulement la preuve que Marat et divers autres scélérats, membres des autorités publiques, ont provoqué tous les massacres des prisonniers, mais encore des matériaux pour l’histoire de la Révolution française», (Paris: 1795), Louis Léon Théodore Gosselin, ed., Les Massacres de Septembre (Paris: Perrin, 1907), 117; «Procès-verbaux», le 28 août 1792, Mémoires sur les journées, 170; «Procès-verbaux», le 29 août 1792, Mémoires sur les journées, 171, 173; Ferrières, Mémoires, 3:217-219; «Séance de l’Assemblée nationale du 28 août 1792. Séance du soir», Histoire parlementaire de la révolution française, 40 vols. (Paris: Paulin, 1834-38), 17:138.

6«Procès-verbaux», le 29 août 1792, Mémoires sur les journées, 171, 173.

7Ibid., 174.

8Times (Londres), le 21 août 1792; Marie Louise Victoire La Rochejaquelein, Mémoires de madame la marquise de La Rochejaquelein (Paris: Baudouin frères, 1823), 22; L’Orateur du Peuple (Paris), s. d.; Frénilly, Souvenirs, 171; article daté à Paris, le 18 août 1792, Montreal Gazette, le 6 décembre 1792; Staël, Oeuvres, 13:59; «Procès-verbaux», le 11 août 1792, Mémoires sur les journées, 130, 132; «Procès-verbaux», le 18 août 1792, Mémoires sur les journées, 154; Mercier a déclaré qu’ils étaient «détenus la plupart sans aucune motif légitime, sans dénonciation, sans aucune trace de délit, uniquement par la volonté et l’arbitraire des voleurs du comité de surveillance», Louis Sébastien Mercier, «Nouveau Tableau de Paris», Mémoires sur les journées, vi.

9«La terreur était universelle: les uns la subissaient; les autres l’exerçaient, et ceux-la étaient des malheureux, chassés par la peur à la poursuite des autres, tremblant d’être moins fanatiques que les deux ou trois hurleurs de leur section (car les sections étaient devenues des clubs), et s’évertuant à qui jouerait le mieux le rôle de sans-culotte…Jamais despotisme n’a possédé la dixième partie de l’empire qu’exerçait cette petite et sale oligarchie. Elle avait des yeux et des bras partout», Frénilly, Souvenirs, 172.

10Staël, Oeuvres, 13:1; Alfieri l’a appelé un «enfer terrestre», Alfieri, Mémoires, 274-275; le Times de Londres, dans un article sur «l’émigration de tous les principaux personnages de [la France]», a déclaré qu’«Ils fuyaient le pays comme ils le feraient de la peste, sacrifiant tous les conforts de la vie ainsi que la commodité de voyager, afin d’y échapper», Times (Londres), le 3 septembre 1792; le duc de Pasquier a déclaré à l’égard des événements du 10 août: «La suite de cet événement fut ce qu’elle devait être, c’est-à-dire une horrible confusion, une véritable dissolution de la société au milieu de laquelle il n’y eut plus de sûreté pour personne. Nul ne pouvait être assure d’un lendemain…Ce qu’on pouvait faire de mieux, c’était de fuir au plus vite le théâtre de tant d’horreurs», Etienne-Denis de Pasquier, The Memoirs of Chancellor Pasquier 1767-1815, (Cranbury, NJ: Farleigh Dickinson University Press, 1968), 37-38; le 17 août, la Commune a voté pour demander à l’Assemblée nationale les noms des huit mille signataires d’une pétition protestant contre l’attaque de la famille royale le 20 juin 1792: «La liste sera imprimée», «Procès-verbaux», le 17 août 1792, Mémoires sur les journées, 148.

Traduit de l’anglais par Cali St. Just

Version anglaise Copyright 1999 Armand St. Just

Version française Copyright 2014 Armand St. Just et Cali St. Just

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