Les massacres de septembre, partie dix

Qui étaient ces hommes qui tenaient une ville entière, que dis-je, toute une nation captive? Principalement des figures de l’ombre; les membres d’un réseau de clubs et de sociétés secrètes à travers toute la France1 dont le but était de détruire tout vestige de la royauté et de la religion.2 Extrêmement bien organisés, ils ont réussi à placer des personnes et des organisations dans toute la France, à tous les niveaux du gouvernement, le contrôle par la terreur la plus absolue d’une nation entière.3 A Paris, par exemple, ils ont divisé la ville en quarante-huit sections, chaque section ayant son propre gouvernement et ses gardes nationaux. Grâce à cette extrême compartimentation de l’autorité, ils étaient en mesure de contrôler les mouvements de tout le monde dans cette ville de près d’un million d’habitants.4

François de La Rochefoucauld, qui était un défenseur de la famille royale le 10 août, écrivit plus tard: «De quelle désolation mon âme était remplie, des horreurs dont j’avais été témoin! L’idée surtout que ceux qui les avaient commises étaient les plus forts et resteraient impunis, me révoltait tout à fait».5 Selon Frénilly, un autre défenseur du 10 août: «Ce qui nous rendait les meneurs d’alors plus particulièrement odieux, c’est qu’aucun, sans exception, n’était ni un Marius, ni un Cromwell ; tous étaient des cuistres et des pleutres, gens de néant qui étaient restés et qui depuis restèrent dans le néant».6 Madame de Staël ajoute que les commissaires qui ont fait les visites à domicile étaient «de la classe la plus subalterne».7

Notes:

1«Un avis a été immédiatement transmis par circulaires aux provinces les plus lointaines par ordre des Jacobins, qui ont établi une correspondance quotidienne avec chaque ville de France. Fictions des plus improbable, ainsi que la plus pernicieuse dans leurs tendances ont été inventées et envoyées de la capitale vers les Pyrénées et le Rhin, avec toute la malice et l’insolence que la sécurité et l’impunité inspirent. Leur but étant de maintenir le peuple dans un état de frénésie afin d’intimider ceux dont l’amour de l’équité pourrait les inciter à insister sur des mesures modérées. Harcelées et alarmées par les rapports et les menaces, un certain nombre de familles ont quitté Paris, et, ce qui était précisément ce que les dirigeants souhaitaient, le départ des fugitifs a été en effet un argument de la vérité des rumeurs qui les ont chassés de leurs maisons!», William Augustus Miles, «Mr. Miles à Mr. T. Somers Cocks», daté à Paris, le 23 février 1791, The Correspondence of William Augustus Miles on the French Revolution 1789-1817, 2 vols. (London: Longmans, Green, and Co., 1890), 214-215; «ce parti [républicains] a en ce moment une majorité à l’Assemblée nationale. Il tyrannise la municipalité de Paris … [il] est ligué … avec tous les différents Ordres de Franc-maçonnerie, de la Loge Rouge, et d’autres sociétés du même genre», Times (Londres), le 29 août 1792.

2«Procès-verbaux», le 22 août 1792, M. F. Barrière, ed., Mémoires sur les journées de septembre 1792 (Paris: Firmin-Didot, 1881), 165-166; «Procès-verbaux», le 29 août 1792, Mémoires sur les journées, 171-172; le Times de Londres a rapporté que: «Chaque signe qui pourrait avoir tendance à donner une idée de la France croyant en un DIEU, est le plus assidûment détruite», Times (Londres), le 31 août 1792; et à nouveau: «En aucune page d’histoire ancienne et moderne–des écrits sacrés ou profanes, s’est trouvé n’importe quel compte de l’insurrection, révolte ou de rébellion, lourde de ces traits de barbarie–telles que ces boucheries inhumaines – telles vengeance incompatibles,–une prostitution de la parole du gouvernement si stupide, si instable, si ridicule, que la France en est désormais maudite. Assassinat, pillage, et destruction de tout type de suprématie, du maître de l’univers à la plus misérable des disciples de la religion, est détruit. Ayant banni toute idée d’une Divinité de l’esprit, le Diable semble immédiatement avoir pris possession de l’immeuble, et chaque acte … porte la marque infernale de ses conseils», Times (Londres), le 5 septembre 1792.

3Louise Elisabeth Félicité de Tourzel, Mémoires de Madame la duchesse de Tourzel (Paris: Plon, 1883), 2 vols., 2:24, 2:39, 2:46, 2:53-54.

4«Procès-verbaux», le 18 août 1792, Mémoires sur les journées, 150; «Procès-verbaux», le 24 août 1792, Mémoires sur les journées, 168-169; chacune des quarante-huit sections de Paris avaient son propre comité de surveillance, «Procès-verbaux», le 13 août 1792, Mémoires sur les journées, 140.

5François Armand Frédéric de La Rochefoucauld, Souvenirs du 10 août et de l’armée de Bourbon (Paris: Calmann-Levy, 1929), 44.

6François-Auguste de Frénilly, Souvenirs du baron de Frénilly, pair de France (Paris: Plon-Nourrit, 1909), 166.

7Anne Louise Germaine Staël-Holstein, Oeuvres complètes de Mme la Baronne de Staël, 17 vols. (Paris: Treuttel et Wurtz, 1820), 13:61.

Traduit de l’anglais par Cali St. Just

Version anglaise Copyright 1999 Armand St. Just

Version française Copyright 2014 Armand St. Just et Cali St. Just

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