Les massacres de septembre, partie onze

Une fois que les Jacobins eurent pris la Commune de Paris et la branche exécutive du gouvernement national, ils prirent immédiatement des mesures pour se débarrasser de tout pouvoirs rivaux.1 Le 10 août, l’Assemblée nationale a appelé à de nouvelles élections judiciaires,2 et le 12 ils ont accordé de très larges pouvoirs à la police aux départements, districts et municipalités «pour la recherche des crimes qui compromettent la sûreté extérieure ou intérieure de l’Etat».3 Le 21 août, la Commune de Paris a adressé une pétition à l’Assemblée nationale afin d’abolir le Département de Paris, insistant sur le fait que le conseil d’administration devrait s’ériger en «une autorité rivale de celle du peuple».4 L’Assemblée nationale a accordé la demande, privant le gouvernement départemental de tous les pouvoirs et fonctions, sauf dans le domaine des marchés publics au niveau taxes.5 En apportant des fédérés (essentiellement des voyous armés) des provinces, les Jacobins qui ont pris le pouvoir le 10 août étaient en mesure de contrôler les votes de l’Assemblée nationale.6

Notes:

1«Pour accorder les devoirs de l’humanité avec le soin de la sûreté publique, je vous propose donc de décimer les membres contre-révolutionnaires de la municipalité, des juges de paix, du département, et de l’Assemblée Nationale», Jean-Paul Marat, «L’Ami du Peuple aux Français Patriotes», le 10 août 1792, Les Pamphlets de Marat (Paris: Charpentier, 1911), 299; «Procès-verbaux», le 16 août 1792, M. F. Barrière, ed., Mémoires sur les journées de septembre 1792 (Paris: Firmin-Didot, 1881), 142-143.

2«Séance permanente de l’Assemblée nationale de la nuit du 9 au 10 août 1792. Extrait du procès-verbal. Depuis sept heures du matin jusqu’à neuf heures du soir [le 10 août]», Philippe Buchez et Joseph Benjamin, ed., Histoire parlementaire de la révolution française, 40 vols. (Paris: Paulin, 1834-38), 17:29.

3«Séance de l’Assemblée nationale du 12 [août 1792]. Huit heures du matin», Histoire parlementaire, 17:66.

4«Procès-verbaux», le 21 août 1792, Mémoires sur les journées, 163. «Séance de l’Assemblée nationale. Du samedi 11 août [1792], à sept heures du matin», Histoire parlementaire, 17:36.

5«Séance de l’Assemblée nationale du 12 [août 1792]–Huit heures du matin», Histoire parlementaire, 17:71.

6«Les Jacobins régissent cette assemblée …. Si je devais dire qui est le pouvoir de décision réel, ce sont les Fédérés, car ils ont l’ascendant dans toutes les délibérations de nos clubs, et ont l’autorisation d’aider et de leurs donner voix. Personne n’ose leur montrer résistance, car il est immédiatement fiché comme un ennemi au nouvel ordre des choses, et dans notre mode résumé actuel de la procédure, très peu de recherches sont nécessaire pour pendre un homme», article daté du 20 août 1792, Times (Londres), le 24 août 1792. Charles Elie de Ferrières, Mémoires du marquis de Ferrières, 3 vols. (Paris: Baudouin frères, 1822), 3:210, 3:214; «Procès-verbaux», le 28 août 1792, Mémoires sur les journées, 170; François-Auguste de Frénilly, Souvenirs du baron de Frénilly, pair de France (Paris: Plon-Nourrit, 1909), 162-163.

Traduit de l’anglais par Cali St. Just

Version anglaise Copyright 1999 Armand St. Just

Version française Copyright 2014 Armand St. Just et Cali St. Just

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