Les massacres de septembre, partie douze

Grâce à l’utilisation de la propagande écrite (journaux, ainsi que des pancartes et des proclamations affichées dans toute la ville), les radicaux ont réussi à manipuler les plus faibles d’esprit des citoyens et contrôler par la peur ceux qui oseraient s’opposer à eux;1 elle leur a également servi en tant que moyen commode de promulguer l’allégation selon laquelle ce qui s’est passé au début de septembre a été un soulèvement populaire … parce que c’est ce qu’ils avaient insisté à dire tout le mois d’août 1792. L’Orateur du Peuple: «L’Assemblée nationale … payerait tout à la fois, si elle ne donnoit pas au peuple, la satisfaction de voir regner la justice, en [éliminant] promptement … ses ennemies».2 Un peu plus tard, le même journal a déclaré: «Les prisons sont pleines de conspirateurs, vous voyez comme on les juges! Vous n’en avez que trois qui ont subi la peine qu’ils méritoient, tandis qu’il devoit n’y en avoir plus un seul en état de vous nuire».3 Un journaliste orléaniste: «Peuple! tout ce qui hantait le château des Tuileries, tout ce qui correspondait avec cette caverne de brigands, est incapable de retour à la vertu. Ce sont des monstres furieux qu’il faut étouffer tous jusqu’au dernier. Quelques heures de justice ne suffisent pas pour punir quatre années de crimes». Ferrières ajoute: «C’est avec cette fureur homicide que les orléanistes sonnaient le tocsin des massacres de septembre».4

Notes:

1Charles Elie de Ferrières, Mémoires du marquis de Ferrières, 3 vols. (Paris: Baudouin frères, 1822), 3:170, 3:217; «Ce parti [Républicains] est soutenu par des hordes de bandits assoiffés de sang, excités par les écrits de certains journalistes et pamphlétaires furieux, et encouragés par les Clubs jacobins, répartis sur tout le royaume, et même par le club (aussi incroyable que cela puisse paraître mais il est vrai) appelé de Régicides», Times (Londres), le 29 août 1792.

2L’Orateur du Peuple (Paris), s.d.

3L’Orateur du Peuple (Paris), s.d.; ce journal a constamment préconisé les massacres dans les prisons; une autre édition est ainsi libellé: «Les prisons regorgent de scélérats. Il est urgent d’en délivrer la société sur le champ. Il faut commencer par les chefs»;” Ibid., s.d.

4Ferrières, Mémoires, 3:209.

Traduit de l’anglais par Cali St. Just

Version anglaise Copyright 1999 Armand St. Just

Version française Copyright 2014 Armand St. Just et Cali St. Just

Tous droits réservés

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