Les massacres de septembre, partie quinze

Les tocsins retentirent, les canons canon tirèrent, et les tambours battirent l’alarme pour la population de Paris, le 2 septembre 1792, comme prévu.1 La veille, l’Assemblée nationale avait réquisitionné les chevaux pour l’armée, ainsi que la mobilisation des volontaires des quarante-huit sections de Paris.2

Le lendemain, utilisant comme prétexte le siège prussien de Verdun,3 la Commune de Paris a ordonné la fermeture des portes de la ville ainsi que la saisie des chevaux, l’arrestation et le désarmement des personnes soupçonnées. En outre, la Commune a exigé que: «Tous les citoyens se tiendront prêts à marcher [à la frontière pour combattre les Prussiens] au premier signal».4 Les représentants de la Ville, y compris Manuel, se sont rendus aux sections et aux places publiques à cheval exhortant les gens à prendre les armes et à rejoindre le Champ de Mars.5

Pendant ce temps, Danton s’est adressé à l’Assemblée nationale, l’exhortant à sanctionner au niveau national les souhaits de la Commune de Paris.6 Dans son discours à l’Assemblée, Danton a déclaré à nouveau ce que les Jacobins avait dit durant les jours précédents: la nation était en danger. Il a demandé que «quiconque refusera de servir de sa personne ou de remettre ses armes, sera puni de mort».7 Comme les tocsins sonnaient, Danton a proclamé que ce «n’est point un signal d’alarme, c’est la charge sur les ennemis de la patrie… Pour les vaincre, messieurs, il nous faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace, et la France est sauvée».8 En conséquence, l’Assemblée nationale a décrété que: «Tous ceux qui refuseront ou de servir personnellement, ou de remettre leurs armes à ceux qui voudront marcher à l’ennemi, seront déclarés infâmes, traîtres à la patrie et digne de la peine de mort». Elle a également ordonné que «ceux qui, directement ou indirectement, refuseroient d’exécuter ou entraveroient, de quelque manière que ce soit, les ordres donnés et les mesures prises par le Pouvoir exécutif» seraient mis à mort aussi.9 En conséquence, des multitudes d’hommes se sont rassemblées sur le Champ de Mars ce jour fatidique.10

Notes:

1«Procès-verbaux», le 2 septembre 1792, M. F. Barrière, ed., Mémoires sur les journées de septembre 1792 (Paris: Firmin-Didot, 1881), 188; Mercier, «Nouveau Tableau de Paris», Mémoires sur les journées, vii; Charles Elie de Ferrières, Mémoires du marquis de Ferrières, 3 vols. (Paris: Baudouin frères, 1822), 3:221-222; «Relation des journées du 2 et 3 Septembre 1792 (Extrait de l’Histoire de la révolution française, par deux amis de la liberté)», Ferrières, Mémoires, 3:486; article daté le 3 septembre 1792, Times (Londres), le 8 septembre 1792; article daté Londres, le 8 septembre 1792, «Extrait d’une lettre de Paris», datée le 3 septembre 1792, Montreal Gazette, le 13 décembre 1792.

2«Séance de l’Assemblée nationale du 1er septembre 1792», Philippe Buchez et Joseph Benjamin, ed., Histoire parlementaire de la révolution française, 40 vols. (Paris: Paulin, 1834-38), 17:334.

3Barrière, ed., Mémoires sur les journées, vii; Ferrières, Mémoires, 3:222, 3:486; «Procès-verbaux», le 2 septembre 1792, Mémoires sur les journées, 186.

4«Procès-verbaux», le 2 septembre 1792, Mémoires sur les journées, 187; «Extrait des arrêtes pris par le conseil générale de la Commune, dans la séance d’aujourd’hui 2 septembre», Histoire parlementaire, 17:407-408; Ferrières, Mémoires, 3:222.

5Barrière, ed., Mémoires sur les journées, vii; Ferrières, Mémoires, 3:222; «Extrait des arrêtes pris par le conseil générale de la Commune, dans la séance d’aujourd’hui 2 septembre», Histoire parlementaire, 17:408; Ferrières dit que les officiers municipaux agitaient les gens avec leur histoire d’un complot aristocratique dans les prisons, Ferrières, Mémoires, 3:225.

6Ferrières, Mémoires, 3:222-223.

7«Séance de l’Assemblée nationale du 2 septembre 1792», Histoire parlementaire, 17:347; Journal de Paris (Paris), s.d.

8«Séance de l’Assemblée nationale du 2 septembre 1792», Histoire parlementaire, 17:347; Journal de Paris (Paris), s.d.

9Journal de Paris (Paris), s.d.; «Séance de l’Assemblée nationale du 2 septembre 1792», Histoire parlementaire, 17:347-348.

10Article daté le 3 septembre 1792, Times (Londres), le 8 septembre 1792; article daté Londres, le 8 septembre 1792, «Extrait d’une lettre de Paris», datée le 3 septembre 1792, Montreal Gazette, le 13 décembre 1792; Ferrières, Mémoires, 3:222.

Traduit de l’anglais par Cali St. Just

Version anglaise Copyright 1999 Armand St. Just

Version française Copyright 2014 Armand St. Just et Cali St. Just

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