Les massacres de septembre, partie dix-huit

La sonnerie des tocsins le 2 septembre était un «appel aux assassins».1 Parmi eux se trouvaient des fédérés (composés de gardes nationaux de la ville de Marseille et de la province de Bretagne), des gardes nationaux de la ville de Paris et des policiers armés;2 la populace était, bien sûr, toujours présente à portée de main pour les regarder et les applaudir.3 Ferrières stipule que: «une centaine de sicaires, ivres de rage, de sang, de vin et de liqueurs fortes, armés de sabres, de haches, de piques, de pistolets et de baïonnettes … se portent aux prisons, et demandent, aux cris de Vive la nation! qu’on leur livre tous les conspirateurs».4

Les fonctionnaires municipaux de Paris et les chefs de sections ont rapidement mis en place et présidés des procès simulés.5 «…[S]ous l’imposant décorum de l’écharpe communale…installés au greffe de cette prison pour enhardir de leur présence les assassins par elle [la Commune] salariés, aussi les animer et les seconder dans l’exécution de ce crime»,6 les dirigeants de la ville prêtaient un air officiel à l’abattage des victimes innocentes et sans défense tout en protestant publiquement que c’était un soulèvement populaire.

Notes:

1Charles Elie de Ferrières, Mémoires du marquis de Ferrières, 3 vols. (Paris: Baudouin frères, 1822), 3:485; «Les brigands, distribués par bandes, se portent aux prisons…et s’emparent des victimes que le comité de surveillance y avait amoncelées pendant quinze jours», Mercier, «Nouveau Tableau de Paris», M. F. Barrière, ed., Mémoires sur les journées de septembre 1792 (Paris: Firmin-Didot, 1881), vii-viii; «Tout le monde sait aujourd’hui que le canon d’alarme devait, dans ce jour de sang, être le signal du massacre. Tous les assassins avaient ordre de commencer les égorgements au troisième coup», Roch Ambroise Cucurron Sicard, «Relation adressée par M. L’abbé Sicard, instituteur des sourds et muets, à un de ses amis sur les dangers qu’il a courus les 2 et 3 septembre 1792», M. F. Barrière, ed., Mémoires sur les journées de septembre 1792 (Paris: Firmin-Didot, 1881), 76.

2 P.-A.-L. Maton de la Varenne, «Les crimes de Marat et des autres égorgeurs ou Ma Résurrection où l’on trouve non seulement la preuve que Marat et divers autres scélérats, membres des autorités publiques, ont provoqué tous les massacres des prisonniers, mais encore des matériaux pour l’histoire de la Révolution française», (Paris: 1795), Louis Léon Théodore Gosselin, ed., Les Massacres de Septembre (Paris: Perrin, 1907), 124.

3Joseph Weber, Mémoires de Weber, concernant Marie-Antoinette, archiduchesse d’Autriche et reine de France et de Navarre, 2 vols. (Paris: Baudouin frères, 1822), 2:348; Gosselin, Les Massacres de Septembre, 9, 285; Sicard, «Relation», Mémoires sur les journées, 85.

4Ferrières, Mémoires, 3:485-486.

5Jovin, «Souvenirs d’un Vieillard», (Brussels: 1842), Louis Léon Théodore Gosselin, Les Massacres de Septembre (Paris: Perrin, 1907), 97.

6Ibid., 96.

Traduit de l’anglais par Cali St. Just

Version anglaise Copyright 1999 Armand St. Just

Version française Copyright 2014 Armand St. Just et Cali St. Just

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