Les massacres de septembre, partie vingt et un

La fin tragique de la princesse de Lamballe a commencé le 18 août 1792, quand elle, Madame de Tourzel et sa fille Pauline et plusieurs autres personnes appartenant à la famille royale à la prison du Temple ont été arrêtés, emmenés à la mairie et interrogés, puis envoyés à la prison de la Force.1 Quinze jours plus tard, le dimanche 2 septembre 1792, François, un guichetier à la Force, a alerté Mme de Tourzel, Pauline et la princesse de Lamballe (qui partagent une cellule), qu’il y avait «beaucoup d’inquiétude dans Paris».2 Cette nuit-là, «nous nous recommandâmes à Dieu, et après notre prière nous nous couchâmes. Nous étions à peine endormies que nous entendîmes tirer les verrous de notre porte». Quelqu’un d’inconnu, «s’approchant du lit de Pauline, lui dit: ‘Mademoiselle de Tourzel, habillez-vous promptement et suivez-moi’».3 A six heures le lendemain matin, «six hommes armés de fusils, de sabres et de pistolets» sont entrés dans leur cellule, ont demandé leurs noms, puis ils sont partis.4 Peu de temps après, Mme de Tourzel dit à la princesse de Lamballe: «Cette journée s’annonce, chère princesse, d’une manière très-orageuse … il faut nous réconcilier avec Dieu et lui demander pardon de nos fautes.» Après leurs prières, elles ont essayé de s’encourager mutuellement à être fortes.5 Durant ses quinze jours à la Force, la princesse de Lamballe «supportait cette cruelle vie avec une douceur et une patience admirables; et, par un hasard bien étrange, sa santé s’était fortifiée dans ce triste séjour. Elle n’avait plus d’attaques de nerfs, et elle convenait qu’elle ne s’était pas aussi bien portée depuis longtemps».6

A onze heures du matin, plusieurs hommes armés sont venus chercher la princesse de Lamballe, et Mme de Tourzel la suivit; toutes les femmes de la prison ont été rassemblées et emmenées à la cour.7 Entouré par ceux qui seraient ses bourreaux, la princesse de Lamballe «montra beaucoup de courage et de présence d’esprit, répondant sans se troubler à toutes les questions que lui faisaient les monstres mêlés parmi nous, pour contempler leurs victimes avant de les conduire à la mort».8 Remarquée pour sa profonde affection pour Marie-Antoinette que les Jacobins avaient méchamment calomniée, la princesse de Lamballe était condamnée à mourir pour sa dévotion.9

Notes:

1Louise Elisabeth Félicité de Tourzel, Mémoires de Madame la duchesse de Tourzel, 2 vols. (Paris: Plon, 1883), 2:246-247; Marie Louise Victoire de La Rochejaquelein, Mémoires de madame la marquise de La Rochejaquelein (Paris: Baudouin frères, 1823), 22; L’Orateur du Peuple, s. d; Père Duchesne, s. d; Charles Elie de Ferrières, Mémoires du marquis de Ferrières, 3 vols. (Paris: Baudouin frères, 1822), 3:233; Times (Londres), le 25 août 1792; Times (Londres), le 27 août 1792.

2Tourzel, Mémoires, 2:259.

3Ibid., 2:259-260.

4Ibid., 2:261-262.

5Ibid., 2:262.

6Ibid., 2:259.

7Ibid., 2:263.

8Ibid., 2:264.

9Ferrières, Mémoires, 3:233-234; Tourzel, Mémoires, 2:110; Mercier, «Nouveau Tableau de Paris», M. F. Barrière, ed., Mémoires sur les journées de septembre 1792 (Paris: Firmin-Didot, 1881), xiii.

Traduit de l’anglais par Cali St. Just

Version anglaise Copyright 1999 Armand St. Just

Version française Copyright 2014 Armand St. Just et Cali St. Just

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