Les massacres de septembre, conclusion

Les massacres de septembre n’étaient pas le début de la terreur en France. D’autres meurtres de cette nature avaient eu lieu depuis le début de la Révolution.1 Ce qui était unique avec les massacres de septembre était la portée et la valeur calculée de manière presque bureaucratique voir méthodique, dans laquelle les meurtres ont été organisés et menés. Les Jacobins ont atteint leurs objectifs. Par la terreur, ils ont réussi à prendre le contrôle de la Convention nationale et à assurer un gouvernement républicain même si, comme c’est généralement le cas avec les gouvernements, il n’avait de républicain que le nom. Un observateur avisé a noté: «Jamais vassaux ne subirent plus humblement les vexations; jamais barons ne les exercèrent avec plus d’arrogance. Cette puissance d’un petit nombre de brigands habiles, bien constitués, enrégimentés, affiliés, était alors la seule réelle».2

Peu de temps après les massacres de la semaine du 2 septembre, les autorités municipales ont de nouveau rempli rapidement les prisons.3 Ayant vu l’efficacité de la terreur dans Paris, les Jacobins étaient prêts à utiliser ce moyen pour consolider leur emprise sur le pays tout entier. Des visites domiciliaires ont commencées dans toute la France (les Jacobins étaient dans chaque ville),4 des aristocrates terrifiés semblaient être Jacobins pour survivre,5 personne ne mettait confiance qui que ce soit,6 les personnes avaient peur dans leurs propres maisons,7 les rues sont devenues désertes, et la société a cessé à fonctionner.8 Frénilly décrit le résultat des massacres: «Il faut avoir vu, comme je l’ai vu en 1793 et en 1794, dans la campagne, dans le villes (ce que l’histoire ne dira jamais), la population entière, bons et simples paysans, marchands, artisans, propriétaires, tous, trembler devant la superbe de quelques avocats formés en Société populaire».9

L’un des épisodes les plus atroces de l’histoire de l’humanité, les massacres de septembre de la Révolution française ne devraient plus rester couverts par «un voile». Depuis plus de deux cents ans, les historiens ont accepté aveuglément la version promulguée par les auteurs de cet acte horrible, ne voulant pas, que ce soit en raison de nationalisme ou d’une idéologie, examiner les éléments de preuve qui souligne clairement les responsables. Les massacres de septembre ont été planifiés, organisés, approuvés et exécutés par les dirigeants radicaux à la fois dans la Commune de Paris et l’Assemblée nationale. En cherchant à consolider leur pouvoir après la déchéance de Louis XVI, ils espéraient par la terreur influencer les élections de septembre à la Convention nationale et étendre leur zone d’influence à chaque ville, village et maison en France. Ils ont réussi.

On pourrait dire qu’une poignée de gens contrôlait, premièrement toute une ville, puis une nation entière. Même si certains ne les avaient pas volontairement suivis, devenant ainsi leur bras armé; et si le reste n’avait pas laisser la peur les paralyse ….. Mais…. c’est une histoire qui a souvent été racontée tout au long de l’histoire humaine. Si, plutôt que de glorifier la Révolution française, les historiens pouvaient faire la lumière sur elle dans son intégralité et exposer les maux qui se sont produits, alors … peut-être, nous aurions moins de journées de septembre.

Notes:

1«Si nous n’avions pas ces cas quotidiens de barbarie, de cette conduite déréglée des Français, il ne serait guère crédible qu’une nation aussi célèbre pour ses manières polies et aimables ait dégénéré en si peu de temps dans une race de personnes les plus sauvages et cruelles maintenant connues sur la face de la terre. Alors qu’autrefois même la classe la plus basse en France possédait les mœurs et les manières des gentilshommes», Times (Londres), le 1 septembre 1792; «La postérité aura peine à croire que de tels monstres, sous la forme d’hommes, ait jamais existé sur la face de la terre», Times (Londres), le 25 août 1792; «Ce pays continue d’être trempé dans le sang, et le génie de ce peuple autrefois si civilisé, parait souffrir d’une détérioration progressive; leur cruauté dépasse l’entendement, et ils donnent chaque jour de nouvelles preuves de leur barbarie choquante», article de Paris daté le 10 septembre 1792, Vermont Gazette (Bennington, VT), le 30 novembre 1792.

2François-Auguste de Frénilly, Souvenirs du baron de Frénilly, pair de France (Paris: Plon-Nourrit, 1909), 163; «Une partie de la nation est enivrée de sang et s’est montrée capable de tous les excès; le reste est faible et lâche et se laisse maîtriser par des coquins qui devraient lui faire horreur», François Armand Frédéric de la Rochefoucauld, Souvenirs du 10 août et de l’armée de Bourbon (Paris: Calmann-Levy, 1929), 64.

3Philippe Buchez et Joseph Benjamin, ed., Histoire parlementaire de la révolution française, 40 vols. (Paris: Paulin, 1834-38), 18:22; «Nous avons des présages de nouveaux massacres à Paris. La Faction infernale de Robespierre , Marat , Chabot, et autres, ont effectivement insinué que les prisons sont encore pleines de personnes suspectes», article daté de Paris, le 17 septembre 1792, Gazette of the United States, le 17 novembre 1792; article daté de Paris, le 17 septembre 1792, Vermont Gazette, le 7 décembre 1792.

4P.-A.-L. Maton de la Varenne, «Les crimes de Marat et des autres égorgeurs ou Ma Résurrection où l’on trouve non seulement la preuve que Marat et divers autres scélérats, membres des autorités publiques, ont provoqué tous les massacres des prisonniers, mais encore des matériaux pour l’histoire de la Révolution française», (Paris: 1795), Louis Léon Théodore Gosselin, ed., Les Massacres de Septembre (Paris: Perrin, 1907), 154.

5Frénilly, Souvenirs, 174-176.

6«J’habite en retrait, menant une vie misérable, me méfiant de tout le monde, et évitant presque tout le monde», William Augustus Miles, «M.—- à Mr. Miles», daté de Paris, le 20 octobre 1792, The Correspondence of William Augustus Miles on the French Revolution 1789-1817, 2 vols. (London: Longmans, Green, and Co., 1890), 1:338; La Rochefoucauld, Souvenirs du 10 août, 64.

7Elliott écrit en janvier 1793 après l’exécution de Louis XVI: «Depuis cette époque, tout n’était que terreur. Robespierre est devenu tout-puissant. Les gens n’osaient pas parler au-dessus de leur souffle. Deux personnes, même les plus intimes, n’auraient pas osé s’arrêter et se parler. En bref, même dans vos propres chambres vous vous sentiez effrayés. Si vous avez ri, vous avez été accusé de plaisir à de mauvaises nouvelles que la République avait eues; si tu as pleuré, ils ont dit que vous avez regretté leur succès. En bref, ils ont envoyé des soldats à chaque heure à fouiller les maisons cherchant des papiers de conspirations. Ces soldats ont volé les gens en général, ou leur ont extorqué de l’argent, les menaçant en cas de refus de les dénoncer», Grace Dalrymple Elliott, Journal of My Life during the French Revolution (London: Rodale Press, 1955), 87-88.

8Elliott écrit au printemps de 1793: «Paris était alors bien morne, on ne voyait pas de voitures, autre que la mienne et deux ou trois autres. Tout le monde semblait avoir peur. On ne rendait pas de visites tout comme on n’en recevait pas. Les salles de spectacle n’ont été remplies qu’avec des Jacobins et l’ensemble des femmes les plus viles … Bref, Paris était une scène de crasse et d’émeute, et la partie des habitants les plus honnêtes et respectables avaient peur d’être vu ou même vêtus avec recherche», Elliott, Journal, 92.

9Frénilly, Souvenirs, 163.

Traduit de l’anglais par Cali St. Just

Version anglaise Copyright 1999 Armand St. Just

Version française Copyright 2014 Armand St. Just et Cali St. Just

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