Les massacres de septembre, Appendice II

QUELQUES-UNS DES FRUITS AMERS DE LA REVOLUTION,
ET UNE FAIBLE PARTIE DES JOURNEES DES 2 ET 3 SEPTEMBRE 1792

par Paysac de Fausse-Lendry

Ce récit est de Mme la marquise de Fausse-Lendry, témoin oculaire des massacres de septembre. Etant presque impossible de trouver une copie d’époque, ce qui suit vient des Mémoires sur les journées de septembre 1792, publiées en 1823 à Paris par Baudouin frères. On le reproduit ici selon l’orthographe d’origine.

Ce n’est pas dans la vaine prétention de fixer sur moi les yeux du public, que j’ai entrepris de tracer le récit qu’on va lire. Je cherche à goûter la triste, mais douce consolation qui reste aux malheureux, celle d’épancher leur douleur. J’ai voulu surtout remplir un devoir sacré, le seul dont je puisse m’acquitter envers la mémoire d’un homme dont la mort paraîtra affreuse à ceux qui n’attendent rien au-delà de ce monde visible; mais que des yeux éclairés par la foi regarderont comme la digne récompense des vertus d’un prêtre respectable que le ciel, par une étonnante révolution, destinait, à la fin d’une carrière honorable et paisible, à cueillir la palme sanglante du martyre.

Avec une fortune médiocre, qui satisfaisait mes vœux, si je ne goûtais pas le bonheur, au moins je jouissais des plus grandes douceurs qui puissent soulager les peines d’un cœur sensible. L’affection, les tendres soins de deux oncles chéris répandaient la sérénité dans mon âme, et me faisaient sentir à chaque instant les charmes d’une pure amitié. L’un était ecclésiastique et l’autre militaire; le premier joignait aux vertus de son état toutes les connaissances qu’il exige, et son érudition se montrait parée des fleurs d’une littérature aussi brillante que variée; le second était rempli d’honneur et généralement estimé. Au mois de juillet 1791, il fut nommé par l’Assemblée, dite nationale, colonel du 15e régiment: c’est ici que commencent mes malheurs. J’espérais que cet oncle, qui m’était si cher, refuserait une place qu’il ne pouvait tenir que du roi; mais le désir ardent de servir son maître l’égara sur le choix des moyens, et il accepta, parce qu’il crut par-là pouvoir être utile au monarque infortuné dont il fut toujours le sujet fidèle.

J’avais écrit à ce brave et digne militaire une lettre où je lui exposais les raisons qui devaient l’éloigner de recevoir un commandement que lui déféraient des mandataires infidèles. Mon indignation m’avait dicté des expressions vives et énergiques: cette lettre fut égarée et parvint au comité des recherches. M. Voidel, qui faisait les fonctions de grand-inquisiteur national, la garda soigneusement. Par bonheur elle est signée, et mon amour-propre est flatté de ce que mon nom est au bas d’un écrit qui fait honneur à mes principes, et dans lequel j’ai eu le courage de braver le danger où m’exposait la manifestation de mes sentimens.

Mon oncle partit pour aller joindre son régiment, et j’eus tout à la fois à supporter la douleur que me causait son départ et le chagrin de voir qu’il s’écartait en apparence du chemin de l’honneur; je dis en apparence, car j’étais bien sûre de la pureté de ses intentions. Il partit à la fin d’août, et le 10 novembre j’eus le malheur de le perdre. Je n’essaierai pas de peindre l’état où je fus réduite par ce triste événement; hélas! mon cœur était destiné à recevoir une blessure bien plus cruelle encore.

Son frère, l’ecclésiastique, aussi affligé que moi, mais soutenu par la religion, ne fut occupé qu’à me donner toutes les consolations dont j’étais susceptible. Lorsqu’il me prodiguait tous les soins de la plus tendre affection, lorsque mon cœur donnait à ce cher oncle, avec sa part de mon respectueux attachement, celle dont son frère avait été l’objet, j’eus la douleur de voir mon consolateur tomber malade. Il fut mourant pendant près de trois mois; c’était mon tour de lui donner tous me soins. Si son amitié pour moi les lui rendit agréables, ils devinrent aussi utiles à sa santé, et je le vis renaître. Hélas! combien cette jouissance devait être courte!

Le 25 août, à onze heures du soir, 400 hommes armés vinrent enlever ce vieillard respectable, qui, presque toujours retenu dans son lit, pouvait à peine faire usage de ses jambes. En le saisissant, il n’y eut pas d’outrages et d’insolences que le crime ne fit à la vertu; la malheureuse victime souffrit tout avec ce calme que donne la paix d’une bonne conscience, et toute la résignation d’un chrétien. Il fut conduit à la mairie où tout le monde feignit de ne pas connaître les prétextes de cette arrestation, pour laquelle effectivement aucun ordre ne se trouva consigné sur les registres, pas même son nom. Pétion, alors maire, refusa de l’entendre, et sans autres formalités on le conduisit à la prison de l’Abbaye.

Qu’on juge de ma situation pendant ces douloureux momens. Cependant l’Etre-Suprême ne permit pas que je demeurasse accablée de ma douleur; il remplit mon cœur d’une nouvelle force. A sept heures du matin, je me rendis à la Ville; je vis Manuel et tous les assassins qui composaient alors la commune; je leur parlai à tous. Aucun d’eux ne savait que M. l’abbé de Rastignac fût arrêté. Je sollicitai, comme une grâce bien chère, la permission de me constituer prisonnière avec mon oncle; on me la refusa durement. Combien les besoins de l’âme sont impérieux, et qu’ils inspirent de courage! Depuis le dimanche jusqu’au mercredi suivant, je ne sortis de l’Hôtel-de-Ville que pour prendre quelques heures de sommeil. Le mardi on vint m’enlever arbitrairement de chez moi; on me traduisit à la section du Luxembourg, où je demeurai en état d’arrestation depuis deux heures après midi jusqu’à huit heures du soir. Enfin le mercredi, à force d’importunités, j’obtins la permission si désirée. M. Sergent et autres me dirent que je commettais une imprudence, que les prisons n’étaient pas sûres. Ah! de pareils motifs pouvaient-ils m’arrêter? Je n’en étais que plus empressée à partager tous les périls de celui dont j’aurais voulu conserver les jours aux dépens des miens.

Je le vis enfin celui qui fut toujours pour moi un second père, je le serrai dans mes bras. Il me témoigna le plaisir que lui causait ma présence; mais sa joie était mêlée de la crainte qu’il avait de me voir souffrir auprès de lui. Hélas! je ne pouvais souffrir que de ses souffrances. Il était, lui septième, dans une chambre où l’on pouvait à peine se retourner. On y respirait un air infect qui achevait de dissoudre le sang d’un malheureux vieillard affaibli par l’âge et par les maladies. Ses yeux n’avaient encore pu se fermer un moment dans ce séjour horrible. Que n’aurais-je pas donné pour lui voir prendre une heure de repos! L’aspect affreux d’une prison, l’air corrompu que je respirais, la vue continuelle des prisonniers qui partageaient l’infortune de mon oncle, rien ne m’affectait; j’étais auprès de lui.

Le jeudi, le vendredi et le samedi se passèrent assez tranquillement. Tous les soirs, à dix heures, le concierge venait me chercher pour me faire coucher dans sa chambre, où étaient aussi madame la princesse de Tarente et mademoiselle de Sombreuil.

Le dimanche, de très-grand matin, le concierge fit sortir de la prison sa femme et ses enfans. Cette précaution m’étonna, d’autant que je voyais de la consternation sur sa figure. Les autres jours, il était quelquefois plus de quatre heures que les prisonniers n’avaient pas encore eu leur dîner; mais ce jour, jour à jamais exécrable! on les fit dîner avant deux heures. Autre présage affreux! les guichetiers eurent le soin d’emporter tous les couteaux et toutes les fourchettes.

Enfin l’heure fatale sonne. Nous entendîmes des cris et des hurlemens épouvantables. On nous dit que le peuple voulait forcer la prison; il s’est bien écoulé trois heures avant que les assassins y eussent pénétré. Si les officiers publics n’avaient pas consenti au massacre, ils auraient pu certainement l’empêcher. A l’entrée de la nuit, des gardes nationaux et le concierge vinrent m’arracher d’auprès de mon oncle. Je ne le vis plus. Je fus conduite dans une chambre où l’on avait mis toutes les femmes. Nous entendions les cris de joie des féroces meurtriers, et les gémissements des victimes qu’ils immolaient. Le concierge vint nous prévenir qu’il était forcé de sacrifier quelques prisonniers pour sauver les autres. Je lui dis que la vie de tous lui avait été confiée, et que son devoir était de les sauver tous ou de mourir. Je vis avec indignation que je n’étais pas écoutée. Hélas! dans quel lieu et à qui parlais-je de devoir et d’héroïsme? Toute la nuit se passa dans des angoisses plus cruelles que la mort.

A sept heures du matin (c’était lundi), on nous annonça Manuel, qui eut l’air de désapprouver tout, mais qui n’empêcha rien; sa présence fut donc bien inutile ou bien funeste. Il passa une grande partie de la journée dans la prison. Comme j’avais été obligée de le voir pour obtenir la permission de partager la captivité de mon oncle, je lui exposai mes craintes sur le danger qui environnait l’objet de ma tendre vénération. «Soyez tranquille, Madame, me dit-il, il ne lui arrivera rien, j’en réponds sur ma tête.» Comme si sa tête et celle de tous ses semblables pouvaient payer celle que je pleure! Il ajouta: «Ne parlez pas de votre oncle; vous y feriez penser, et on l’oubliera.» Le concierge me promit alors que si l’on demandait mon oncle, il viendrait m’avertir. Ah! s’il avait tenu sa parole, j’eusse sauvé ce vieillard respectable, ou je serais morte avec lui.

Pendant que j’étais dans cette affreuse situation, où les minutes me paraissaient des heures, un guichetier m’apporta un billet de mon oncle, qui se plaignait de ne m’avoir pas vue. (Hélas! les bourreaux me tenaient enchaînée comme lui!) Il me disait, cet oncle si chéri, qu’on allait le ramener chez lui, et me priait de m’y rendre le plus tôt possible pour abréger son inquiétude. Il me chargeait du soin d’un porte-feuille très-volumineux qui aurait pu l’embarrasser, à cause de la peine qu’il avait à marcher. Ce porte-feuille ne m’a point été remis, il a été volé.

A neuf heures du matin, on vint nous dire que tous ceux qui restaient avaient leur grâce. Nous étions à peu près une vingtaine. Les deux premiers qui sortirent furent massacrés. Un garde national, qui sans doute n’était pas du nombre des assassins, s’écria: «C’est un piége qu’on vous tend; remontez, et ne vous montrez pas.» C’est ainsi qu’il nous sauva la vie. Deux heures après, on vint nous annoncer que mademoiselle de Sombreuil, le modèle de toutes les vertus, avait sauvé la vie à son père. Quel spectacle touchant d’une tendresse filiale vraiment héroïque! Peut-on voir sans attendrissement et sans une vive admiration une fille entourée d’assassins, enlacer avec force dans ses bras le corps de son père qu’on veut massacrer, et demander aux bourreaux que leurs premiers coups tombent sur elle? O tendresse admirable, dont le souvenir durera autant que celui de ce jour à jamais détesté!

Cet événement nous donna un peu de calme; mais quelques minutes après, les assassins recommencèrent à égorger leurs victimes. Leurs bras s’étaient lassés, mais leur rage était insatiable de sang. Bientôt on vint chercher les femmes pour les conduire à l’interrogatoire. On nous mena dans un guichet où un grand nombre de prisonniers avaient déjà trouvé la mort. Les juges qui composaient le tribunal sanguinaire ne voulurent pas nous entendre; on nous fit remonter dans notre chambre. Dès ce moment nous fûmes suivies par des hommes ensanglantés, armés de sabres et chargés de pistolets. L’ivresse du vin et celle du carnage étaient peintes sur leurs visages affreux, et éclataient dans leurs regards étincelans. Ils nous racontaient avec une joie barbare la manière dont on se défaisait des aristocrates, et la terreur dont nous étions frappées était pour ces cannibales un nouveau sujet de triomphe.

Dans cette horrible situation, mademoiselle Cazotte demanda avec instance à voir son père; elle montra tant de sensibilité et une vertu si sublime, que cela lui fut accordé. On la conduisit dans la chambre où il était, et presque aussitôt on la ramena dans la nôtre. Quelques momens après, cette jeune personne si intéressante, entendant son père qui descendait pour subir son sort, s’élança au travers des gardes, s’attacha à ce vieillard infortuné, et il ne fut plus possible de l’en séparer. Elle déploya le même héroïsme dont mademoiselle de Sombreuil avait donné le rare modèle. Comme cette fille généreuse, mademoiselle Cazotte parvint à attendrir les meurtriers dont son père allait éprouver la fureur; mais, hélas! elle ne sauva cette tête blanchie par l’âge, que pour la voir quelques jours après livrée au fer des bourreaux. Horrible assassinat, qui, pour être revêtu de formes juridiques, n’en est que plus révoltant!

A six heures du soir, ranimant mes forces, et n’écoutant que le désir de revoir mon oncle, je demandai avec ardeur de paraître devant le tribunal de sang, pour essayer de sortir enfin d’un lieu si funeste, ou de terminer une existence si insupportable. Je fus conduite par des hommes tout souillés des meurtres que leurs mains avaient commis. Je parvins à travers les sabres et les piques jusqu’au président. Cet homme, qui n’avait rien de l’humanité que la conformation de ses traits, était assis près d’une table, et environné de torches funèbres. Ses habits étaient couverts de sang, ses yeux égarés paraissaient avides du meurtre des malheureux dont le crime l’avait rendu le juge souverain; sur son front respirait la haine de toutes les vertus. Ce monstre, assis sur un trône érigé par la scélératesse, me dit: «Pour quelle raison êtes-vous ici? –Ce n’est point par un décret que je suis détenue; je me suis constituée volontairement prisonnière pour remplir les devoirs de la reconnaissance et de l’humanité. –Envers qui? –C’est pour donner mes soins à un vieillard respectable qui est mon oncle et mon bienfaiteur, l’ami et le soutien des malheureux. –Tout cela ne dit pas son nom. –C’est M. l’abbé de Chapt de Rastignac. –Vous avez fait une grande imprudence. –Non, Monsieur, puisque je demande à partager son sort. –Vous êtes libre, et vous pouvez sortir.» Un des juges qui m’écoutait avec attention, me dit : «Non, Madame, ne sortez pas; le moment n’est pas favorable. Remontez dans votre chambre, et lorsque vous pourrez sortir sans danger, je vous ferai avertir.» Un homme en veste me dit alors: «N’écoutez pas cela; si vous voulez vous en aller, je vais vous pousser, et vous serez bientôt sortie.» Lorsqu’on était poussé, c’était pour être assommé. J’ignorais, comme on pense bien, ces affreuses formalités. Entraînée par le désir de rejoindre mon oncle, je pris cet homme pour mon sauveur; je le suivis à cet fatal guichet où tant d’honnêtes gens sont morts avec gloire. Tout-à-coup je me sentis saisir par le bras que j’avais libre; j’entends une voix qui me crie: «Vous ne sortirez pas.» Etrange effet de mon aveuglement! je repoussais l’homme secourable qui voulait me sauver, et je secondais de toutes mes forces le bourreau qui m’entraînait au supplice. Cette lutte dura près de dix minutes; du moins cela me parut aussi long. Lorsque la porte fut ouverte, et que j’étais prête à franchir le passage fatal, l’homme qui me retenait toujours, cria: «Lâchez, ou je vous fais fusiller.» L’assassin ne se le fit pas dire deux fois. La personne à qui je dois la conversation de mes jours (si c’est un bienfait dans la triste position où je me trouve) se nomme M. Pochet. Que cet homme reçoive ici le tribut qui est dû à son humanité et à la persévérance avec laquelle il m’a arrachée au sort qui m’était réservé!

Je remontai dans ma chambre, accompagnée par mon libérateur qui me peignit alors le danger que je venais d’éviter. «Demeurez tranquille, me dit-il, je vais prendre un de mes camarades, me munir d’un ordre du président, et je vous sauverai. Je reviendrai vous chercher à neuf heures.» Je l’attendis avec patience; j’étais toujours soutenue par l’espoir de revoir mon oncle.

Mon sauveur revint à l’heure qu’il m’avait indiquée. Il était avec un de ses camarades, humain comme lui. Ces deux braves gens me donnèrent leurs bras. La porte redoutable s’ouvre. Je me vois couverte de sabres sans pouvoir faire un mouvement. J’aperçois le sang qui coulait sous mes pas. Hélas! sans doute mes pieds étaient couverts de ton sang…… Je marchais sur des bras…… des mains…. sur celles qui avaient été l’appui des malheureux, qui m’avaient tant de fois secourue!… O Dieu! Dieu! donnez-moi la force de supporter la douleur qui me déchire!… Mes sauveurs demandent ma grâce; elle leur est accordée; je n’étais pas digne de recevoir une mort si glorieuse.

Mes conducteurs, croyant que j’allais succomber au spectacle affreux dont je venais d’être témoin, me firent entrer dans un café. Je priai M. Pochet de continuer sa bonne œuvre, et de me conduire chez mon oncle. Cet honnête homme me demanda, pour toute récompense du service qu’il m’avait rendu, de lui permettre de passer avec moi chez sa femme, pour lui faire partager le bonheur qu’il avait eu de me sauver. Ah! que mes parens, que mes amis m’aident à acquitter la dette sacrée que j’ai contractée envers ce digne homme. Je le suivis chez lui: c’est là que j’appris le malheur funeste qui sera pour moi une source éternelle de larmes. M. Pochet et sa femme me donnèrent tous leurs soins; ils m’offrirent leur maison pour asile, en me disant que je ne trouverais plus dans la mienne ce que j’y cherchais… Mon malheureux oncle avait été massacré! La plume tombe de ma main; je laisse aux ames sensibles à se représenter toute l’horreur de ma situation….

PAYSAC DE FAUSSE-LENDRY.

Publicités
Cet article, publié dans Armand Saint Just, France - Histoire, Les massacres de septembre, est tagué , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s